Follow:
Moi mais pas que...

Une après-midi chez les Experts

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Début mars, j’ai reçu une drôle d’invitation : passer une après-midi en immersion à l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) !

Etant scientifique de formation (DUT de Chimie), je ne pouvais pas refuser, d’autant plus qu’à la fin de mes études, j’avais envisagé la possibilité de rejoindre la police scientifique… Mais la vie en ayant décidé autrement, j’étais donc ravie de pouvoir voir d’un peu plus près les activités de l’IRCGN le temps d’une après-midi.

Avant de vous parler de mon après-midi chez les Experts, quelques mots sur l’IRCGN.

L’Institut de Rechercher Criminelle de la Gendarmerie Nationale est un laboratoire pluridisciplinaire, unique en France. Il regroupe sur un seul site toutes les activités liées à la criminalistique et couvre ainsi les domaines assez variés relevant de la physique-chimie, de l’ingénierie numérique, de la médecine légale, de l’identification humaine et de la biologie génétique.

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Situé à Cergy-Pontoise, l’IRCGN est dirigé par le colonel de gendarmerie Patrick Touron, diplômé de l’Ecole des Sciences Criminelles de Lausanne et ancien élève du Collège Interarmées de Défense.

Au programme de l’après-midi, plusieurs visites de laboratoires d’experts et la résolution d’un crime !

Tout d’abord, nous avons droit à une présentation de l’IRCGN par le colonel Touron. Il nous a ainsi expliqué que l’Institut s’était construit autour de 4 axes majeurs :

  • la capacité à réaliser, selon le cadre juridique, des examens scientifiques ou des expertises au profit des enquêteurs ou des magristrats
  • la capacité à projeter des experts sur le terrain et ainsi à apporter un soutien technique au plus près des enquêteurs
  • la capacité à assurer une formation technique de haut niveau à tous les personnels composant la chaîne criminalistique
  • la capacité à assurer un suivi des innovations dans le domaine ou de porter des projets de recherche appliquée ou expérimentale

Les experts de l’IRCGN sont là pour apporter leur expertise au service d’un magistrat ou d’un enquêteur. C’est pourquoi pour conserver une totale indépendance, ils n’ont pas connaissance de tous les éléments liés à l’enquête. Cela peut sembler frustrant, mais c’est le meilleur moyen pour garantir de bons résultats.

L’IRCGN travaille uniquement pour la justice pénale. Tous les échantillons sont donc envoyés à l’Institut sous forme de scellés judiciaires. La traçabilité étant importante, tous les scellés sont vérifiés un par un par le service saisine-scellé (SCL), afin de s’assurer de la conformité juridique des réquisitions. Ils sont enregistrés dans une base de données et dès qu’ils doivent partir dans tel ou tel labo pour analyse, ils sont tracés. Ainsi on sait exactement à n’importe quel moment où se trouve le scellé et par qui il a été emprunté.

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Le SCL s’assure également de la bonne conservation des scellés. Ensuite ces derniers subissent une série d’analyses, qui ont été commanditées par la justice. Les experts peuvent toutefois proposer des analyses complémentaires, mais alors elles devront faire l’objet d’une nouvelle demande.

Nous avons visité plusieurs départements scientifiques, notamment :

  • le département Balistique
    • Expertise de l’ensemble des domaines relatifs aux armes à feu. Sa mission : assistance à reconstitution judiciaire et sur autopsie, études des armes et des munitions, comparaison balistique
  • le département Microanalyse
    • Exploitation des traces et micro-traces de tous types (fibres, éléments pileux, cheveux, résidus de tirs, verres, sols, lampes, traces d’outils, rubans adhésifs, poudres suspectes). Sa mission : déterminer la présence de résidus de tirs ou traces sur des tamponnoirs ou sur tout type de supports pour en interpréter les résultats
  • le département Environnement Incendies Explosifs 
    • Analyse chimique de prélèvements inconnus et de produits de marquages. Etude de tous types d’explosifs et d’engins militaires, civils, industriels ou artisanaux. Sa mission : rechercher les origines et les causes de tous les types d’incendies, identifier les pollutions, réaliser les analyses chimiques d’intérêt criminalistique
  • le département Toxicologie 
    • Recherche, identification et dosage des substances toxiques, stupéfiantes dans des matrices biologiques (autrement dit des « morceaux » humains comme le foie, le cerveau, etc.), des substances brutes ou des traces. Sa mission : identifier tous les types de stupéfiants dans un délai très court. Profiler les saisies de drogues. Discriminer les billets de banque et alimenter les fichiers stupéfiants.

On devait visiter également la Médecine légale, mais le jour J ce n’était plus possible (…).

Je vous épargne le côté scientifique des labos. Pour ma part, j’étais ravie de revoir un MEB (Microscope Electronique à Balayage), une Diffraction X, des Chromatographes… J’ai été impressionnée par le nombre d’armes à feu à la balistique : 11 000 !

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Puis nous avons eu droit à un cours sur les Empreintes digitales. Ce département a pour mission de développer de nouveaux produits et de nouvelles méthodes d’analyses permettant la révélation des empreintes digitales. Je ne suis pas une spécialiste des séries TV type « Les Experts », mais on est tout de même bien loin du côté « poudre+scotch » pour prélever une empreinte. ^_^

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Enfin nous avons terminé la journée en nous mettant dans la peau d’un expert, dans celle d’un criminel, ou encore d’un simple témoin, pour résoudre un meurtre !

J’étais pour ma part, médecin légiste et j’ai du vérifier que le mort était bien mort, de quoi il était mort et lui extraire la balle qui l’avait tué. Ensuite les TIC (techniciens en identification criminelle) interviennent pour identifier les éléments pouvant servir à remonter au meurtrier. Les  différents prélèvements sont mis sous scellés et envoyés en analyse, afin que l’enquêteur puisse avancer et résoudre l’affaire.

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

J’ai beaucoup aimé découvrir l’envers du décor. On se rend compte que les séries TV exagèrent un peu le travail des experts (mais bon c’est le jeu aussi). Avec le recul, je ne suis pas certaine que cela m’aurait plu de m’engager dans ce genre de carrière. J’aurais eu peur d’être frustrée de ne pas connaître les tenants et les aboutissants de tout ce qui est analysé…

J’ai été contente de voir qu’une partie du travail des experts s’oriente vers la recherche et la développement (des brevets sont régulièrement déposés). La science est en perpétuel mouvement et c’est donc important d’évoluer avec elle.

Cependant j’ai rencontré des gens passionnés et passionnants, au service de la Science pour résoudre des enquêtes judiciaires. Messieurs les criminels, n’oubliez pas : les experts veillent !

Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale | Les Petits Riens

Bonne journée !

inter

☆ ★ Retrouvez-moi sur Facebook, Instagram, Twitter et YouTube ★ ☆

7
Partager :
Article précédent Article suivant

Vous aimerez aussi

2 Commentaires

  • Répondre Kerlann56

    Très intéressant et d’autant plus que ma fille souhaite s’orienter dans cette direction

    12 mai 2018 at 8 h 47 min
  • Répondre maman

    Compte rendu très intéressant

    15 mai 2018 at 16 h 34 min
  • Laisser un commentaire

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.